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Ashes to ashes - Frank Lamy
2009

Texte pour le 54e Salon de Montrouge

Ashes to Ashes
Chez Oriol Nogues, le monde est un théâtre et le théâtre est le monde. L’art est pour lui, le lieu privilegié d’une méditation méthapysique sur la condition humaine, sa futilité, son impermanence, son insignifiance. De fait, loin de grands dispositifs épiques, ses actions (qu’elles soient réalisées en public ou non, qu’elles mettent en scène un ou plusieurs actants, qu’elles existent dans la durée ou à un instant T), souvent réduites à une “image”, articulent une poétique baroque et bricolée (ces deux mots étant à entendre dans leurs sens historiques).
S’il se transforme en rocher ou se déguise en fontaine, c’est à l’aide de procédés illusionnistes simplissimes, issus de la tradition baroque. Qu’il incarne les figures du Grand Théâtre du Monde, il utilise alors toutes sortes d’objets récupérés. Qu’il photographie son autoportrait, c’est coifée d’une grotesque couverture imitant une dépouille de tigre, pathétique figure de pacotille. Quand il organise un concert météorologique, les instruments sont des machines-sculptures à produire le son de la pluie, du vent ou du tonerre. Les décors et costumes de cette pièce existentielle sont bâtis de bric et de broc.
Chez lui, le masque, comme tout masque digne de ce nom d’ailleurs, toujours baille. Il laisse entrevoir non pas ce qu’il y a derrière, mais que derrière il y a quelque chose. Parfois, il sculpte des chevelures ou des feux de bois. Vanité des vanités. On pourrait presque parler d’une esthétique allégorique, au sens où l’allégorie dit autre chose que ce qu’elle montre. Déplaçant, dans le champ de l’art, certaines machineries propres au théâtre, il met en scène, en oeuvre des récits de leurres et d’artifices, de faux semblants et d’illusions.
Dust to Dust.